[Intox] Vaccinés vs non vaccinés: quel groupe est le plus malade?

– Montrez moi une seule étude qui dit qu’il vaut mieux être vacciné que non vacciné.
– Et bien il y a celle ci, celle ci, celle là, et puis aussi …
– J’ai dit UNE !

Vous vous rendez compte, pas une seule fois ces 100 dernières années ne s’est trouvé un seul chercheur pour se demander s’il vaut mieux être vacciné que non vacciné. C’est incroyable non ? Littéralement, on y croit pas. Parce que c’est faux. Mais qu’une chose soit contraire à la réalité n’a jamais empêché l’OIC de le dire.

L’Organisation Initiative Citoyenne s’étonne:

Il est remarquable que, jusqu’à aujourd’hui, aucune étude publiée n’a jamais comparé les enfants vaccinés aux enfants non vaccinés pour vérifier quel groupe d’enfants sont en meilleure santé.

On se dit que l’époque ou tous les chercheurs de la planète se tournaient les pouces en dilapidant le budget de la recherche avec de la coke et des voitures de sport est désormais révolue. Les chanteurs de rap devront trouver une autre muse, parce que les chercheurs maintenant, il cherchent. Il y a donc une (1) étude.

Cela n’a jamais été fait auparavant. Une toute première étude en son genre qui traite d’enfants Américains (scolarisés à domicile) vaccinés par rapport à des enfants non vaccinés  montre quel groupe est vraiment malade… les parents devraient  réellement s’inquiéter.

Ah, le sophisme de l’étude-unique-qui. La propagande pseudo-rationnelle en est friande. D’accord, l’ensemble des études convergent pour montrer que la vaccination n’est pas associée à une augmentation des cas d’allergie, ou d’autisme, ou de mort subite, mais s’il y en avait une, juste une, le Graal des études qui étudierait en une fois tout ça et plus encore, on pourrait sûrement jeter tout le reste à la poubelle, non ? Surtout si tout le reste dit le contraire de cette étude.

L’opposant au vaccin dit « que l’étude soit », et l’étude fût (Littéralement).

Cette étude-unique-qui montrerait que les vaccins vont précipiter l’apocalypse sur terre n’existe pas. Qu’à cela ne tienne, on va en faire une. On a besoin de quoi ? Un stylo ? Du papier ? Un paquet d’argent ? Le lobby anti-vaccination fondé par Jenny McCarthy, celui de Claire Dwoskin, même la publicité, tout a été mis en oeuvre pour financer l’étude que ces idiots de chercheurs avaient déjà fait, oui, mais sans trouver les bons résultats. Les mêmes personnes qui trouvent intolérable qu’une étude soit financée par des fonds privés, parce qu’il y aurait conflit d’intérêt, décident donc de financer une étude sur fonds privés. Mais eux, c’est pas pareil.

Sans surprise cette étude ad hoc découvre que les vaccins mangent des bébés au petit déjeuner.

Les enfants vaccinés avaient des chances plus élevées de développer les conditions suivantes: maladies chroniques, eczéma, troubles neuro-développementaux, autisme, troubles du déficit de l’attention/hyperactivité, troubles de l’apprentissage, rhinites allergiques.

fact2

Si seulement c’était aussi simple, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus rien à chercher. Une étude, une réponse, question suivante s’il vous plaît. Malheureusement, ce n’est pas comme cela que la science fonctionne. Pour savoir s’il vaut mieux être vacciné que non vacciné, il n’y a pas une étude qui le montre, il y a toutes les études. C’est parce que des milliers de chercheurs a travers le monde ont produit des milliers de résultats qui convergent dans la même direction qu’il est possible de conclure que les avantages dépassent de loin les inconvénients. Il est tout à fait naturel de citer une étude à titre d’exemple de ce qu’est le consensus scientifique sur un sujet donné, en revanche, citer une étude qui contredirait toutes les autres et en déduire que l’ensemble des études précédentes devrait être ignoré est parfaitement irrationnel et dénote une grave méconnaissance de la méthode scientifique.

Donc même si cette étude avait été parfaitement réalisée, elle serait incapable à elle seule de remettre en cause tout ce qui existe par ailleurs. Mais bon, si elle avait été parfaitement réalisée, elle n’aurait probablement pas trouvée ce qu’elle a trouvé. En effet, cette étude est truffée d’erreurs méthodologiques graves. Un exemple parmi d’autres: Il n’y a que 9 enfants autistes dans cette étude, ce qui est beaucoup trop peu pour conclure quoi que ce soit. (L’une des nombreuses études de qualité qui permet d’affirmer l’absence de lien entre vaccin et autisme porte par exemple sur 1.2 million d’enfants dont plusieurs milliers d’autistes). De plus, plusieurs de ces enfants sont prématurés, ce qui n’est pas plus grave que ça selon cette étude puisqu’être prématuré n’a pas d’influence sur les troubles neurologiques. C’est en tous cas ce qui est affirmé sans aucune preuve et en contradiction avec ce que l’on sait sur le sujet. En fait, pour accepter les résultats de cette étude, il faudrait non seulement nier tout ce que l’on sait sur les vaccins, mais aussi tout ce que l’on sait sur la médecine en général.

La publication scientifique, le pire moyen de faire de la science, à l’exception de tous les autres.

Donc voilà, le lobby anti-vaccination a sous la main une étude très mauvaise qui trouve les bons résultats. Maintenant il faut la publier. Dans le monde des publications scientifiques, il y a deux écoles:

  • C’est le lecteur qui paye.
    Les chercheurs soumettent gratuitement leur travaux et les laboratoires, les universités s’abonnent aux publications. L’avantage est que la qualité est recherchée pour augmenter le nombre de lecteurs. L’inconvénient est que l’abonnement coute très cher et que cela limite malheureusement l’accès au savoir commun.
  • C’est le chercheur qui paye.
    Tout le monde peut consulter gratuitement les travaux. L’avantage est que cela favorise l’accès au savoir commun. L’inconvénient est que les publications peuvent être tentées de publier n’importe quoi pour augmenter leurs revenus.

Devinez dans quelle catégorie se complaisent les études de mauvaise qualité telles que celle-ci ? Si vous y mettez le prix, « Frontiers in Public Health » publiera n’importe quoi. C’est en tous cas ce que l’on se dit lorsque l’on constate que même les chemtrails y trouvent leur place, notre étude-unique-qui mettra définitivement fin à la vaccination y est donc en bonne compagnie. Malheureusement, même pour une publication de second ordre la ficelle est trop grosse et l’étude est rétractée. Qu’à cela ne tienne, on va changer le titre et tenter la même chose ailleurs, dans une autre publication, encore plus bas dans l’échelle, tellement bas en fait, que « Journal of translational science » n’est même pas indexé. Malheureusement, même pour une publication de troisième ordre la ficelle est trop grosse et l’étude est rétractée une seconde fois.

Peut-être que cette étude finira par être publiée un jour. Peut-être dans une revue encore moins réputée que les deux publications peu glorieuses qui ont empoché l’argent avant de changer d’avis et de finalement refuser d’être associé à ce travail baclé. Ce sera peut-être dans « la siense pour les sientifiques mais pas que », ou quelque chose dans ce genre là. D’ici là, et même après, constatons que le contenu de cette étude est tellement mauvais que personne n’a accepté de la publier. Une étude non publiée n’en est pas une, c’est pour cela que depuis cette deuxième rétractation, plus aucun site n’en parle, personne n’en fait la promotion et ceux qui en avaient parlé auparavant ont publié un correctif.

Non, je plaisante.

Cette étude continue de tourner dans la complosphère comme si de rien n’était.

denial

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