[Intox] Seuls 1 à 10% des effets secondaires graves sont officiellement comptabilisés

Biais et erreurs: Sources maltraitées, insinuations trompeuses.

Circulation circulaire de la désinformation.

L’Organisation Initiative Citoyenne s’insurge: seuls 1 à 10% des effets secondaires graves sont officiellement comptabilisés par les services de pharmacovigilance !

Malheureusement, l’OIC n’a pas vérifié ses source, car cette affirmation est fausse.

La revue, Pharmacovigilance des vaccins, écrit: « on estime que seuls 1 à 10 % des EI graves sont notifiés ».

L’OIC aime ce qu’elle voit, et réutilise l’information des centaines de fois sur son site web. Son travail de recherche s’arrête donc là.

Retour aux sources.

Ce n’était pourtant pas très difficile de lire l’étude plutôt que la revue qui cite l’étude, parce que la revue qui cite l’étude donne la référence de l’étude, et dans la revue qui cite l’étude, la référence de l’étude est: « Hazell L, Shakir SA. Under-reporting of adverse drug reactions: a systematic review. Drug Saf 2006;29:385-96 »

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Cette étude nous apprends 3 informations capitales:

  1. Nulle part il est écrit que « seuls 1 à 10% des effets secondaires graves sont officiellement comptabilisés »
  2. Les effets secondaires liés aux vaccins sont mieux comptabilisés que pour les autres médicaments.

    « It is possible that there is an enhanced reporting culture for vaccine-associated adverse reactions, since vaccines are administered to healthy individuals and so the reporting of adverse effects may be regarded as more important, as a public health issue. »

  3. La majorité des effets secondaires non comptabilisés ne sont pas graves.

    « In addition, these figures represent under-reporting for all ADRs. This includes the common, non-serious ADRs that are less likely to be reported but which make up the majority of ADRs occurring in general practice. »

 

Pour terminer, signalons que si dans l’étude  il a été possible  de détecter un manque dans le nombre d’évaluations SPONTANEES (SRS), c’est bien parce qu’il existe déjà une valeur fiable permettant de calculer le différenciel.

Ce qui veut dire qu’à chaque fois que l’OIC utilise cette information pour dire que le nombre d’effets secondaires est sous évalué, il s’agit d’une insinuation trompeuse.

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4 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. 1) Table I page 388, colonne de droite.
    2) Les effets secondaires liés aux vaccins seraient mieux comptabilisés que pour les autres médicaments : pure supposition gratuite et sans preuve (« it is possible that »). Il suffit pour s’en rendre compte de la remplacer -sans rien contredire du reste, bien au contraire- par «it is possible that there is an enhanced negation culture for vaccine-associated adverse reactions ongoing over diagnoses, since vaccines are administered to healthy individuals and so the reporting of adverse effects may be regarded as more delicate for doctors and officials, as an ideologic threat. », affirmation sociologiquement bien plus fondée, évidente et légitime.
    3) Comment pouvez-vous à partir de ces bases :
    http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/7619183,
    http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/8180638 (qui est une très mauvaise blague, pas une étude sérieuse) et
    http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/6753476, affirmer que les effets secondaires non répertoriés des vaccins ne sont pas graves, puisque précisément ces effets ne sont pas inclus dans les études présentées portant sur la sous-notification d’effets secondaires vaccinaux et que, là encore, rien ne soutient votre affirmation.

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    1. Initiative Rationnelle dit :

      « Table I page 388, colonne de droite. »

      Vous n’auriez pas du vous arrêter à ce premier tableau, vous trouverez la même chose pour les tableaux I à IV. N’hésitez pas à citer des extraits pour appuyer votre réponse, cela nous permettra de constater si vous pointez ici des chiffres qui correspondent à ce qui est dit mais qui ne concernent pas les effets secondaires graves, ou des chiffres qui concernent les effets secondaires graves mais qui ne correspondent pas à ce qui est dit.

      D’autre part, je vous rappelle que l’affirmation est erronée parce qu’elle combine « effet secondaire », « grave » et « officiellement comptabilisé ». Notez le titre du tableau que vous pointez. S’il s’agit d’une comparaison, on compare quoi à quoi ? Le signalement des effets secondaires est avant tout effectué par les professionnels de santé et on sait qu’il y a sous notification des déclarations spontanées justement parce que ces chiffres existent.

      Pour être tout à fait clair:

      En Europe par exemple, les médecins, chirurgiens-dentistes, sages-femmes et pharmaciens doivent déclarer tout effet indésirable suspecté d’être dû à un médicament ou produit, qu’il soit grave ou non, attendu ou inattendu. Ces chiffres sont connus. Ce ne sont pas les chiffres qui sont analysés dans cette étude.

      Les autres professionnels de santé, les patients, les associations de patients agréées peuvent déclarer les effets indésirables. Ce sont les déclarations spontanées et c’est ce qui est étudié ici.

      Cette étude compare les chiffres des déclarations spontanées avec d’autres sources connues (comme les déclarations obligatoires vues plus haut).

      « pure supposition gratuite et sans preuve (« it is possible that »). »

      Vous imaginez que cette étude dit qu’il est possible que les effets secondaires concernant la vaccination soient mieux rapportés. Vous vous trompez.

      Cette étude remarque que dans des études antérieures les effets secondaires en rapport avec la vaccination ont été effectivement mieux rapportés. La supposition concerne l’interprétation de ce phénomène, et non pas son existence.

      « Comment pouvez-vous à partir de ces bases […] affirmer que les effets secondaires non répertoriés des vaccins ne sont pas graves »

      Ne vous trompez pas sur qui affirme quoi
      . J’affirme que ce que dit l’OIC de l’étude est différent de ce que dit effectivement cette étude.

      • Quelqu’un affirme qu’un tabouret qui parle répartit les nouveaux élèves dans l’école d’Harry Potter.
      • Je le corrige: « Ce n’est pas un tabouret qui parle, mais un chapeau qui parle ».
      • Vous intervenez: « Un chapeau qui parle, c’est impossible, vous n’êtes pas sérieux ».

      Que l’on soit croyant ou sceptique, que la magie existe ou pas, tout cela est sans importance. On ne peut que constater qu’il y a une erreur. Il suffit de lire la source et de constater qu’elle contredit les affirmations.

      De la même façon, on ne peut que constater que l’OIC entend critiquer les vaccins en citant une étude qui affirme que les effets secondaires concernant la vaccination sont mieux notifiés. C’est une constatation factuelle indépendante de ce que vous pensez personnellement de cette étude et du sujet en général.

      Si vous souhaitez discuter de la pertinence de l’étude choisie par l’OIC, vous devrez le faire avec eux. Demandez leur pourquoi ils citent des études qui selon vous font de « très mauvaises blagues », je suivrai cette conversation avec intérêt.

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  2. Jean Dumoulin dit :

    D’autres études arrivent aux même conclusions donc c’est vous qui vous trompez:

    « Despite the fundamental importance of reporting of suspected adverse drug reactions, less than 10 per cent of serious adverse drug reactions are reported. »

    https://link.springer.com/article/10.1007/BF02944353

    « It is estimated that between 5% and 10% of ADR are
    reported »

    http://www.scielo.br/pdf/reeusp/v48n4/0080-6234-reeusp-48-04-739.pdf

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    1. Initiative Rationnelle dit :

      Vous faites erreur.

      La seconde étude que vous citez concerne TOUS les effets secondaires. Elle ne mentionne les effets secondaires GRAVES qu’au moment de citer les raisons de la sous-notification: Certains pensent qu’ils ne doivent signaler QUE les effets graves. Cet exemple n’est donc pas pertinent. Au contraire, il va dans le sens de ce qui est dit dans l’article.

      La première étude que vous citez affirme que seulement 10% des effets secondaires graves sont déclarés. 10%, ce n’est pas « de 1 à 10% ». Cet exemple n’est donc pas pertinent, lui non plus. D’autre part, cette étude se base sur des données qui proviennent d’un seul hôpital et qui sont vieilles de 24 ans. C’est surtout la citation n°65 de la REVUE SYSTÉMATIQUE qui est citée dans l’article. Une revue systématique prend en compte l’ensemble des données disponibles. Il est irrationnel de mettre en avant une étude unique parmi 75 quand une synthèse existe.

      Enfin, signalons qu’aucune de vos deux sources ne parle de vaccins. La constatation que les effets secondaires consécutifs à une vaccination sont mieux notifiés reste pertinente.

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