De l’inutilité de l’anecdote personnelle

L’anecdote personnelle est incapable de refléter la réalité telle qu’elle est, seulement telle qu’on la perçoit.

L’anecdote personnelle est située au degré zéro de la hiérarchie scientifique puisqu’elle ne permet de rendre compte que des observations.

L’observation est le point de départ de la méthode scientifique.

Les adeptes des pseudo-sciences sont souvent tentés de sauter les étapes ultérieures pour passer directement de l’observation à la conclusion.

  1. Utiliser une anecdote pour prouver une relation de cause à effet est un biais logique (post hoc ergo propter hoc).
    Ce n’est pas parce que deux événements sont consécutifs que l’un découle forcément de l’autre. Toute démonstration qui contient un biais logique doit être rejetée.
  2. Les anecdotes ne sont pas représentatives.
    L’anecdote est utilisée pour prouver que X implique Y (ce qui est une erreur, on vient de le voir), mais elle ne dit rien sur le nombre de cas ou X n’implique pas Y, ni sur le nombre de cas ou Y est causé par autre chose que X.
  3. Les anecdotes ne sont pas contrôlées.
    Sur la seule base d’une anecdote, il est impossible de déterminer une cause extérieure qui pourrait être la cause réelle de ce qui est constaté.
  4. Une anecdote est un échantillon de taille N=1.
    1000 anecdotes ne représentent pas un échantillon de taille N=1000, mais 1000 échantillons de taille N=1.
    Plus un échantillon est petit, moins il est pertinent de tirer des conclusions. Par exemple, si je tire à pile ou face deux fois de suite et que je tombe deux fois de suite sur pile, on ne peut pas dire pour autant que la pièce est truquée, le résultat pouvant être du au hasard. Recueillir 1000 exemples de cas ou la pièce est tombée deux fois sur pile, ne prouvera rien non plus.
  5. Les anecdotes ne sont pas systématiquement recueillies.
    Pour corriger tous les points précédents, il est important de ne pas laisser de trous dans la raquette. Une approche systématique et reproductible est ce qui fait de la science un outil si efficace pour la compréhension du monde qui nous entoure.

Tous ces points sont décrits en détail dans The logic of science

Pour citer l’OIC quand il s’agit de réduire au silence un commentaire critique: C’est un raisonement absurde et à coté de la plaque (et c’est peu dire). La science, ce n’est pas extrapoler sur la base d’un cas personnel.

screenshot-initiativecitoyenne be 2016-04-24 22-54-52
Incidemment, l’OIC utilisant cet argument est un bel exemple de double standard.
Publicités